Historique du 12 ème régiment de ligne

Avant propos. (La Motte)

                Trouvant l'historique du régiment présenté sur le Net un peu désuet, j'ai voulu le réviser afin de présenter aux internautes une version plus attrayante. Pour cela, j'ai étudié séparément les campagnes où le 12ème de ligne fut engagé sous l'Empire et que notre association est susceptible de commémorer dans les années à venir, c'est à dire, la première campagne d'Autriche de 1805, celle d'Allemagne de 1806, la campagne contre les Russes de 1806-1807, la seconde campagne d'Autriche de 1809, la campagne de Russie de 1812, et enfin celle de 1815. Manquant de renseignement je n'ai pu faire de même pour les campagnes de1796 -97 en Italie, celle de 1798 et celles de 1813 et 1814. J'ai donc traité les deux premières succinctement en introduction tandis que les deux dernières sont replacées dans le cadre chronologique.
                Pour chaque campagne, j'ai procédé de la même manière. Tout d'abord j'ai rapidement rappelé les principales causes de la guerre afin que le surfeur ignorant l'histoire du premier empire et visitant notre site puisse comprendre le contexte politique des différentes coalitions. Dans cette même partie, j'ai indiqué la position du régiment à la reprise des hostilités. Ensuite, j'ai réuni toutes les données, concernant la campagne traitée, collectées au S.H.A.T. et je les ai comparées à divers ouvrages analysant les guerres napoléoniennes afin d'expliquer l'itinéraire du 12ème de ligne dans le contexte stratégique du moment.
                Cependant, j'ai profité du présent livret pour rassembler toutes les informations dont je dispose afin d'en faire un outil de travail pour mes futures recherches. Ce qui explique certains documents peu fonctionnels dans les annexes.

Introduction

          Le régiment fut créé le 25 mars 1776 à partir des 2ème et 4ème bataillons de la marine et fut engagé pour la première fois pendant la campagne d'Amérique de 1777 à 1783. Avec la révolution, il changea de nom et passa 12ème régiment puis 12ème demi brigade de bataille. Il participa aux guerres de 1792-1793 en servant dans l'armée du Nord et se battit à Tournai le 8 novembre 1792 à Gand le 12 du même mois et participa au siège d'Anvers. L'année suivante il était au combat d'Aix la chapelle, de Menin, de Tongres et de Magdeleine-sur-Orchies. Il participa ensuite à la campagne d'Italie de 1796-1797 sous les ordres de Bonaparte et se distingua notamment à La Favorite le 16 janvier 1797 et deux mois plus tard il se battait à la bataille du Tagliamento. L'année suivante il prit part à la désastreuse campagne de Rome.
Depuis son retour d'Amérique, il avait changé plusieurs fois de lieu de dépôt. Celui-ci fut d'abord établi à Verdun (1783) puis à Montmédy en 1785, à Mézières en1786, à Condé en 1790 et à Dunkerque deux ans plus tard. Sous l'Empire il revint en garnison à Mézières. Les conscrits qui grossirent ses rangs étaient levés dans les départements de la Gironde et de la Sarre. Ils étaient ensuite dirigés par un officier au dépôt afin d'y toucher le matériel et d'y être instruit. C'est l'épopée de ces hommes qui après avoir passé quelques semaines dans les Ardennes sillonnèrent l'Europe, que les pages suivantes essayent de décrire.

AFFECTATIONS DU 12ème DE LIGNE

Affectations du 12ème de ligne

Corps d'armée Division Brigade Chef de corps Chefs de bataillons
10 mars 1797 Serrurier Girardon
Septembre 1803  3ème corps Davout 3ème division Gudin Vergez (1)
Septembre 1806 3ème corps Davout 3ème division Gudin Müller
6 juillet 1809 3ème corps Davout 3ème division Gudin Boyer Thoulouze 1er: Pierre -  2ème : Beker - 3ème : Guyot
6 juillet 1809 3ème corps Davout 3ème division Puthod Dessailly Thoulouze 4ème : Hecquet
15 juin 1812 3ème corps Davout 3ème division Gudin 2ème brigade Desailly Thoulouze 1er : Favange - 2ème : Hemon - 3ème : vacant- 4ème ; Nicolle - 6 ème: Bonneville
16 juin 1815 3ème corps Vandamme 11ème division Berthezène 1ère brigade Dufour Thoulouze 1er: Baron - 2 ème : Hotte

(1) Voir rubrique : Colonel Jean Marie Vergez

1803 - Que faisait le 12 ème de ligne en 1803?

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  L'année 1803 s'annonçait au premier abord comme une année de paix. Aucun conflit armé n'opposait les puissances européennes depuis la paix d'Amiens, signée en mars 1802.
Le Premier Consul était tout à la préparation du Code Civil et à l'amélioration des finances françaises toujours mises à mal par la désastreuse gestion du Directoire et les guerres incessantes depuis la Convention en 1792.
On peaufine une loi de finances en vue de créer la franc germinal, 4,5 gramme d'argent pur pour un franc. La pièce de 20 francs sera en or et joliment appelée napoléon. Bon an, mal an, ce franc germinal servira de base jusqu'en 1914. Cette loi date du 27 mars 1803.

La 12ème demi-brigade de ligne, est au repos depuis mars 1801, après deux épuisantes campagnes en Italie, où elle a eu droit aux félicitations du général Bonaparte au soir du combat de La Favorite, et dans les Grisons. Ses recrues viennent essentiellement de Gironde et de Sarre. Elle est stationnée à Verdun sous le commandement de Jean-Marie Vergez et reprend des forces en menant la vie de garnison.

Cependant, outremer, les nouvelles ne sont pas bonnes.
La campagne de Saint Domingue avait tourné au désastre, les troupes ayant été victimes de la malaria et de la fièvre jaune, leur général en tête. Leclerc, le mari de Pauline Bonaparte et un des généraux favoris du Premier Consul avait péri le 2novembre et malgré la capture de Toussaint Louverture, l'insurrection locale n'était toujours pas maîtrisée.

Depuis 1800, l'Espagne nous a cédé la Louisiane, un immense territoire le long du Mississipi qui n'intéresse en rien, hélas, le Premier Consul. Des tractations sont en cours avec les tous jeunes Etats-Unis contre l'effacement de la dette française envers les armateurs américains au cours de la guerre franco-américaine. Dès réception de la Louisiane des mains de l'Espagne, nous la remettons aux Etats-Unis. La première partie de cette opération sera effectuée à la fin de 1803.

Les choses se gâtent en Europe. Le 15 février, l'Angleterre refuse officiellement de restituer Malte aux Chevaliers de Saint Jean, une des obligations de la paix d'Amiens. Elle exigeait qu'on lui laisse Malte et la petite île de Lampedusa et que la France évacue la Hollande. Des échanges de plus en plus cinglants ont lieu entre les chancelleries. Les Anglais ne supportent pas que la paix puisse nous rendre notre prospérité et que nous soyons de nouveau des concurrents pour leur commerce. Le Premier Consul apostrophe en plein bal l'ambassadeur anglais qui demande ses passeports au cours du mois de mai.

Déjà, Bonaparte a ses plans d'attaque dans la tête. Puisque l'Angleterre refuse de remplir les exigences de la paix signée l'année d'avant, il va l'envahir. Et le meilleur point de départ pour une flotte d'invasion est Boulogne sur Mer et sa région. Dès la fin mai, le Premier Consul est au Château de Pont de Briques d'où il peut à la fois voir l'Angleterre au bout de sa longue vue et expliquer ses plans à Berthier, son aide de camp.

Tout se précipite, la correspondance du Premier Consul est passionnante à ce sujet. Il pense à tout, connaît tout. Sa mémoire phénoménale est parfaitement étayée par les rapports qu'il a exigé des chefs de corps. Jean-Marie Vergez, à Verdun, en sait quelque chose. Le nombre de canons, de fusils, de munitions, l'état des remontes, les achats d'habillement, la nourriture, l'état de santé des recrues, tout est planifié, décortiqué, analysé et envoyé par courrier hebdomadaire à Paris, où ces rapports aboutissent sur le bureau de Méneval,le secrétaire du Premier Consul.

Le 14 juin 1803, un ordre est adressé à Berthier, Ministre de la Guerre, lui enjoignant de faire mouvement vers les camps autour de Boulogne. La 12ème  demi-brigade d'infanterie de ligne doit se préparer à partir. Elle est affectée au camp de Gand, un des six camps primitivement désignés par le Premier Consul pour l'entraînement des troupes d'invasion.
Elle ne fournira que ses premiers bataillons qui seront complétés à 1 000 hommes et partiront à la fin de l'été.

Le 15 septembre 1803, les demi-brigades disparaissent au profit des régiments. L'ancienne appellation est remise au goût du jour. La 12ème demi-brigade de ligne devient le 12ème régiment d'infanterie de ligne et Jean-Marie Vergez en est nommé colonel.

Durant les mois d'été, Bonaparte fait de fréquents séjours à Pont de Briques, visitant les troupes déjà en place, inspectant le camp et ordonnant des exercices, par tous les temps. Les divisions de la flottille sont arrivées intactes au port de Boulogne malgré les croisières anglaises incessantes.

Un changement dans l'affectation des camps intervient lorsque le 12ème de ligne est rattaché à la division Gudin du 3ème Corps d'Armée commandé par Davout. Celui-ci commande le camp d'Ambleteuse, une annexe de Boulogne, vers lequel se dirigent les premiers bataillons du régiment, fin 1803.

La ruche bourdonne à Ambleteuse comme à Boulogne. Le camp est un modèle du genre. Le terrain a été nivelé, les baraquements sont situés de part et d'autre de larges chemins d'accès alignés au cordeau avec arbres et parterres. Chaque régiment a son puits, son potager. Le service de santé n'a pas été oublié, grande première, tous les soldats sont vaccinés contre le variole!

Chaque baraque abrite quinze hommes, les murs sont en torchis, le sol est couvert de paille renouvelée régulièrement. Devant sont alignés les faisceaux.
La soupe était bonne, le capitaine Coignet la vante dans ses carnets.
Bref, tout est mis en place pour que le soldat donne le meilleur de lui-même. Et le Premier Consul, par ses visites impromptues, maintient la pression et encourage un entraînement au combat permanent.

On peut dire que c'est à Boulogne que celle qu'on n'appelle pas encore la Grande Armée s'est forgée un destin. Et le 12ème de ligne qu'on retrouvera à Auerstaedt, à Pulstuck, à Czernovo, à Eylau et j'en passe, se prépare de son mieux lui aussi, en cette fin d'année 1803 !

Le reste du régiment, Jean-Marie VERGEZ en tête, rejoindra Ambleteuse en juillet 1804, six mois avant que Napoléon Bonaparte ne soit couronné Empereur des Français. 

1804

En cours de construction

1805

Le 12ème de ligne lors de la première campagne d'Autriche. 1805

                                * La reprise de la guerre
               
                Bonaparte se faisant pacificateur signait avec l'Angleterre, à Amiens, le 2 mars 1802 une paix que le peuple français, épuisé par les guerres de révolution souhaitait ardemment. Pourtant le traité était rompu dés mai 1803 puisque les deux puissances ne parvenaient pas à s'entendre sur les conditions qu'elles avaient ratifiées. Dès lors la marine anglaise entreprit de bloquer les ports français. Le Premier Consul répliqua en préparant l'invasion de la perfide Albion. Pour cela, il établit à Boulogne sur Mer et dans les environs de cette ville sa tête de pont. Deux cent mille soldats y furent réunis et entraînés ainsi qu'une importante flottille destinée à faire traverser la Manche à ce qui allait devenir la Grande Armée. A cette occasion, l'armée fut réorganisée et la douzième demi brigade de ligne devint le 12ème régiment d'infanterie de ligne et fut affecté à la division Gudin (3ème) du corps d'armée de Davout (IIIème), le 21 septembre 1803. C'est à Ambleteuse, à quelques kilomètres au nord de Boulogne qu'il campa.
                Plus tard, certains jugèrent ce projet de débarquement outre-Manche irréaliste dans la mesure où le plan de Bonaparte pour se rendre maître du bras de mer séparant les deux pays belligérants reposait sur les épaules de la marine française inférieure à son homologue britannique tant dans la qualité des bâtiments que dans celle de l'équipage ou encore du commandement. C'est en partie à cause de ce dernier que le projet échoua puisque Villeneuve inquiété par Nelson s'enfermait dans Cadix, privant l'armée de tous moyens de traverser la Manche. Le projet fut cependant prit au sérieux par le cabinet londonien de William Pitt qui jugea bon d'encourager de ses subsides les autres puissances européennes à prendre les armes contre la France. Celles-ci ne se firent pas prier dans la mesure où elles étaient déjà inquiétées dans leurs intérêts par les ambitions de Napoléon. L'Autriche le voyait d'un mauvais oeil prendre la couronne de fer en Italie cisalpine et confier la vice-royauté à son beau fils Eugène de Beauharnais. La Russie quand à elle prit le prétexte de l'assassinat du duc D'Enghien pour se brouiller avec la France.
               
                                * La manoeuvre d'Augsbourg

                Ces deux armées menaçant l'Empire, Napoléon ne pouvait plus raisonnablement penser envahir l'Angleterre. Il prit donc le parti de se retourner contre Russes et Autrichiens avant qu'ils n'effectuent leur jonction afin de les battre plus aisément. La Grande Armée abandonnait Boulogne pour se rendre sur le Rhin; le 12ème de ligne partait d'Ambleteuse le 2 septembre 1804 pour se rendre à Manheim. Sur ordre de l'Empereur, il traversait le fleuve dans la nuit du 24 au 25 septembre. Il allait participer à la manoeuvre dite d'Augsbourg mise sur pied dans le but de tourner le généralissime autrichien Mack imprudemment avancé en Forêt Noire, afin de l'empêcher de se retirer sur Vienne ou de se joindre aux Russes. Il fallait couper à l'ennemi ses deux voies de retraite. L'une allait d'Ulm sur Augsbourg, l'autre sur Memmingen.
Pour y parvenir l'armée devait franchir les ponts érigés sur le Danube entre Donawerth et Ingolstadt. C'est à Neubourg que le 12ème traversa le fleuve le 7 octobre. Les corps d'armée de Ney, Lannes et Murat coupèrent la ligne de communication autrichienne d'Augsbourg où s'établirent l'empereur et Marmont tandis que Soult se portait sur Memmingen. La présence de troupes ennemies étant possible entre le Lech et l'Isaar, et la progression des Russes étant alors ignorée, il fut décidé que Bernadotte se rendrait à Munich pour éventuellement barrer la route à ces derniers, tandis que Davout placé en masse intermédiaire pourrait soit porter secours à Bernadotte s'il était attaqué, soit couvrir les arrières des autres maréchaux si on trouvait des Autrichiens entre les deux rivières. C'est pourquoi le 12ème de ligne entrait le 11 octobre à Dachau. Ni l'un ni l'autre cas ne se produit et Mack encerclé dans Ulm capitula le 20 du même mois. Le régiment aurait été présent à cette reddition .

                                * Marche sur Vienne:

                L'armée de Mack éliminée, restait à se retourner sur l'Inn afin de s'occuper des hommes de Kutuzov soutenus par les Autrichiens de Merveldt avant que ne les rejoignent les deux armées russes de Benningsen et de Büxhowden. Le 12ème passait donc l'Isaar à Munich le 25 octobre puis échangeait quelques coups de feu avec les soldats du Tsar à Mühldorf  où il franchissait l'Inn. Le 5 novembre il contribuait avec son corps d'armée à prendre les ponts de Steyer établis sur l'Enns et tenus par  Merveldt  qui battu fut obligé de se retirer en remontant la vallée du même nom .Trois jours plus tard ce général autrichien s'inclinait une fois encore face à Davout à Maria-zell  .
                Le plan de l'Empereur était alors d'envoyer Murat à Vienne et de faire traverser le Danube à Moelh par Bernadotte dans le but d'encercler Kutuzov qui avait accroché Gazan à Dürrenstein le 11 novembre. Pourtant ce mouvement de tenaille connu sous le nom de manoeuvre d'Hollabrünn échoua car le général ennemi signa avec Murat un armistice, sans en référer à Napoléon, ce qui lui permit de rejoindre Büxhowden à Olmütz au nord est de Brünn. Napoléon ne put alors directement diriger son armée sur ce point et dut lui donner du repos. Le 12ème s'établit alors entre Vienne et Presbourg avant que sa division ne soit envoyée dans cette dernière ville. Cette halte arrivait fort à propos si l'on considère les 1500 kilomètres que le régiment avait parcourus depuis le début du mois précédent.

                                * La manoeuvre d'Austerlitz.

                Il fallait maintenant vaincre les trois armées russes assemblées. Pour reprendre l'initiative perdue par la faute de Murat, Napoléon feignit de négocier avec l'ennemi tout en concentrant ces troupes aux alentours du village d'Austerlitz. Les Russes abusés par les négociations ainsi engagées se sentirent en confiance et tombèrent dans le piège qui leur avait été tendu. C'est en quarante heures que le 12ème parcouru les 112 kilomètres qui le séparaient du champ de bataille, mais il n'y parvint que tardivement et renforça l'aile droite de l'armée Française confiée à Davout chargé de contenir les efforts adverses. Il ne put donc prendre une part importante à la victoire décisive.

Il est improbable que le 12ème soit présent à la reddition d'Ulm alors que ni son corps d'armée, ni même sa division n'y sont signalés et que sa présence n'est pas indispensable.
  Je n'ai actuellement pas trouvé la confirmation que cet engagement ait réellement eu lieu.
  Il n'est pas certain que le 12ème se soit battu à Maria-zell.
                               


1806

Campagne d'Allemagne de 1806.

               
                                * La reprise de la guerre

                En 1805, alors que la France était aux mains avec la Russie et l'Autriche, la Prusse était prête à rejoindre la troisième coalition. Déjà elle avait mobilisé. Austerlitz vint couper court à ses ardeurs belliqueuses et elle ajourna son entrée en guerre. Napoléon fort de sa victoire sur Vienne avec laquelle il avait signé le traité de Presbourg démantela l'archaïque Saint Empire romain germanique pour créer la Confédération du Rhin. L'orgueil allemand qui ne pouvait tolérer de voir un Français influent sur la rive droite du fleuve frontière, était blessé. Seul la Prusse pouvait alors  réagir, d'autant qu'elle espérait le soutient du Tsar. En effet, la Russie tardait à accepter les conditions de paix proposées par la France si bien que Napoléon craignant de nouvelles attaques de celle-ci avait laissé son armée en Bavière et en Wurtemberg. Alexandre ne signa pas  et la guerre reprit contre les Russes et les Prussiens. L'armée se trouvait avantageusement placée. La deuxième moitié du mois de septembre 1806 servit à sa concentration en Wurtemberg. Le 12ème de ligne de son côté était stationné en Franconie, à Bamberg depuis la ratification du traité de Presbourg.

                                * Manoeuvre d'Iena:

                Profitant de l'excès de confiance dans lequel se trouvait l'ennemi allemand, l'empereur l'attira sur le Rhin par des démonstrations de son frère Louis roi de Hollande. Ainsi il pouvait se jeter sur les derrières prussiens et éviter qu'ils ne se joignissent aux Russes qui s'avançaient dans l'actuelle Pologne. L'accomplissement de  cette manoeuvre, nécessitait de franchir une difficulté du relief : le Franken-wald. Pour effectuer son débouché sur les derrières des troupes de Frédéric-Guillaume II,  Napoléon répartit son armée en trois colonnes qui empruntèrent trois routes parallèles. L'une passait par Kobourg, l'autre par Lobenstein, et le troisième par Hof. De Bamberg, le 12ème se rendit à Kronach puis à Lobenstein qu'il atteignit le 8 octobre 1806.
                L' ennemi se concentrait alors sur Weimar et trois possibilités s'offraient à lui pour effectuer une éventuelle retraite. Il pouvait d'abord traverser par Iena puis Dresde s'il projetait de se joindre aux Russes ou gagner Berlin en passant soit par Naumburg ou encore, plus indirectement par Sommerda puis Magdebourg. Le 10, Davout recevait l'ordre de se porter sur Saalbourg puis sur Schleiz et le lendemain sur Auma. Le surlendemain, il coupait la seconde route de retraite prussienne en occupant Naumbourg, le gros de l'armée s'occupant de celle d'Iena. Pour éviter que l'armée prussienne ne file par Magdebourg, l'empereur se résolut à l'attaquer rapidement, une bataille fut programmée pour le 16 à Erfurt. Le 12ème de ligne devait participer à l'attaque tournante sur la gauche de l'ennemi et contribuer à lui couper sa ligne de communication vers Magdebourg lorsqu'il entendrait le canon.
               
                                * La bataille d'Aüerstaëdt:

                En fait, Napoléon se trompait, les intentions de l'ennemi ne se résumaient pas en une fuite vers la place forte saxonne. Il s'était divisé en deux masses, la première aux ordres de Hohenzollern devait fixer les Français sur Iena tandis que le gros de l'armée commandé par Brunswick et le roi se retirerait en forçant le passage à Naumburg. Deux batailles allaient donc avoir lieu simultanément.
                La veille du combat, Bonaparte envoya un aide de camp, à Davout pour lui demander d'avancer sur Appolda afin de tomber sur les arrières de l'ennemi qu'il croyait tout entier devant lui. Le maréchal reçut l'ordre dans la nuit et prit ses dispositions pour le lendemain. La division Gudin fut placée en tête du IIIème corps, le 12ème de ligne était donc aux premières loges. La journée débuta à six heures et demie du matin, quand la troisième division s'ébranla et franchit le pont de Koesen. Puis aveuglée par un épais brouillard et par le défaut du régiment de cavalerie qui aurait dû l'éclairer, elle se dirigea sur le village de Hassenhausen. C'est à la sortie de celui-ci qu'elle buta dans les troupes de l'ennemi, ignorant qu'elle venait de se heurter au gros des troupes prussiennes. Le 12ème à l'image des autres régiments de Gudin se retrancha dans le village, et découvrant la menace représentée par la cavalerie ennemie quand le brouillard se leva, sa division se forma en carré. Celle de Friant qui suivait se déploya sur sa droite tandis que Morand le soutint à gauche. Le 12ème était donc au centre du dispositif et dut contenir les efforts d'un ennemi presque deux fois supérieur en nombre. Doté d'un excellent moral depuis les succès de 1805,  il  parvint à accomplir sa tâche si bien que les deux ailes du troisième corps réussirent à gagner du terrain puis à remporter la victoire. Une victoire qui s'explique par l'erreur de l'ennemi qui, formé en colonne, n'envoya ses divisions qu'une à une au lieu de se déployer. Le troisième corps se rendit ensuite à Appolda conformément aux ordres reçus.
                Cette bataille constitue le principal succès de cette campagne d'Allemagne de 1806, même si Napoléon diminua volontairement son importance dans le bulletin du Moniteur pour des raisons de propagande . Mais l'Empereur ne s'y trompa pas et récompensa les troupes comme il se devait. Le 12ème de ligne reçut en effet à cette occasion le droit de porter sur son drapeau le nom de la victoire à laquelle il avait participé. En outre, les trois divisions de Davout devinrent les Trois Immortelles dans le langage du soldat impérial. Belle reconnaissance de l'Empereur envers les hommes du troisième corps.

                                * Marche sur Berlin :

                La journée du 15 fut consacrée au repos, puis le 12ème se mit en route vers Berlin et se battit le 23 à Tauchwitz contre des résidus de l'armée vaincue. Lors de ce combat, son colonel, Vergez fut grièvement blessé et nommé au grade de général (1). Le 25 octobre, il entrait dans la capitale prussienne en tête de l'armée, de même que son corps, avant la garde, en raison de sa belle conduite. Le Lendemain, il reçut l'honneur d'être passer en revue par l'empereur et était immédiatement envoyé sur l'Oder afin de préparer la campagne contre les Russes.

note:

(1) Je n'ai toujours pas de trace de la bataille de Tauchwitz et ne parvient à situer cette ville. J'ai supposé que celle-ci pourrait être en Fait Taucha au Nord est de Leipzig mais elle est à plus de deux jours de marche de Berlin.

1807

Le 12ème de ligne lors de la campagne de Pologne de 1806-1807.

                                * Bilan de la campagne contre les prussiens et marche sur Varsovie :

                L' armée prussienne fut pratiquement détruite par la double victoire de Iena et d'Aüerstaëdt,  ses débris furent poursuivis et exterminés, les places fortes, comme Magdebourg, prises. Le roi et la reine avaient jugé bon de prendre la fuite et de se réfugier à Koenigsberg. De l'armée héritée du Grand Frédéric, il ne restait qu'un corps de 8000 hommes stationnés sur la Vistule aux ordres du général Lestoq.  Napoléon devait se presser de battre les Russes avant qu'il ne relève les prussiens de leur humiliation. C'est pourquoi le 12ème de ligne ne participa pas à la chasse des résidus ennemis mais fut envoyé directement à Berlin où il n'eut pas même le temps de panser ses blessures que déjà il était expédié à Cüstrin dont la garnison se rendit à la première sommation, puis il se dirigea sur Varsovie où les Russes s'étaient regroupés. Quand il y parvint le 30 novembre 1806, l'ennemi s'était retiré. Les chemins mal tracés, la boue, les intempéries et longues marches, le régiment a parcouru 750 kilomètres depuis le début de la campagne,  avaient exténué les troupes, c'est pourquoi le 12ème se vit accorder du repos par l'Empereur. Ce dernier en profita pour rassembler son armée alors que Benningsen et Büxhowden se concentraient sur Pultusk.

                                * Campagne d'hiver contre les Russes :

                                               
  • manoeuvre sur Pultusk:

                Napoléon imagina alors une manoeuvre. Il fit traverser la Vistule par Ney et Bernadotte à Thorn puis les dirigea sur Biezun dans l'espoir d'attirer les Russes sur ce point et de couper leurs communications en se jetant sur Pultusk. Etabli à Modlin depuis le 10 décembre, le 12ème  franchit la Narew le 24 décembre et força le passage en enlevant de nuit aux troupes de Benningsen et à la baïonnette les redoutes de Czarnowo. Napoléon assista à cette charge et félicita le régiment. Bernadotte fut alors accroché à Biézun ce qui fit penser à l'Empereur que l'ennemi se retirait sur ce point comme il l'avait espéré. Pour lui couper la retraite il envoya Davout sur Nasielsk puis sur Stérégocin. De là, il devait appuyer soit Augereau sur Golymin soit le maréchal Lannes. Ce dernier se heurtait aux Russes à Pultusk le 26 décembre. Le duc D'Aüerstaedt lui envoya sa troisième division en renfort tandis qu'avec les deux autres il participait à l'indécis combat de Golymin. Le 12ème aida donc Lannes à repousser l'ennemi. Ces deux combats n'amenèrent pas de victoire décisive et Benningsen parvenait à s'échapper. Le 29 décembre, Napoléon se résolut donc à donner du repos à son armée.

                                               
  • Des cantonnements de L'Ukra au massacre d'Eylau.

                Le 12ème s'installa alors sur la rive gauche de l'Ukra et fut tiré de sa précaire quiétude par le généralissime d'Alexandre qui tenta, le 25 janvier 1807 de bousculer l'aile gauche française établie sur la Passarge. L'empereur se résolut à attaquer le Russes sur leurs arrières. Pour cette raison, le 12ème devait se rendre à Allenstein. Il arrivait à Ortelsburg le 1er février après être passé à Myszynec. Il poussa jusque Wartenbourg, les éclaireurs n'ayant pas trouvé de Russes à Allenstein . Pourtant Napoléon s'y heurta à l'ennemi en ordre de bataille, mais l'engagement ayant tardivement commencé, ce dernier profita de l'obscurité pour se dégager. Davout fut donc envoyé à Heilsberg dans l'espoir de lui couper la retraite, mais c'est Murat qui parvint à le retrouver le 6 février. Benningsen prit à nouveau la poudre d'escampette, toutefois l'avant garde française parvint à le fixer le lendemain ce qui permit à l'empereur de regrouper son armée et d'envisager une bataille pour le surlendemain, à Eylau.
                Davout éloigné arriva sur le champ de bataille alors que celle-ci était déjà commencée. Il Fut chargé de mener l'attaque tournante, sur l'aile gauche ennemie. En infériorité numérique, les français souffrirent beaucoup. Pourtant quand Murat réussit à briser les lignes ennemies en lançant sur elles plusieurs charges de ses 80 escadrons de cavalerie, le 12ème de ligne ainsi que son corps put gagner du terrain et s'emparer du village de Kleinsausgarter. Il parvint même  malgré la neige qui tombait à entamer un mouvement sur Kutschitten. Mais lorsque le Prussien Lestoq qui avait échappé aux griffes de Ney parut de ce côté, il fut repoussé jusque Serpallen. Malgé tout, il réussit à reprendre Kleinsausgarten et à s'y maintenir jusqu'à la fin de la bataille, quand les Russes découragés par l'arrivé du Brave des Braves se retirèrent. Les pertes furent lourdes des deux côtés sans que celà serve à décider de l'issue du conflit.

                                * La campagne d'été et la paix :

                Après ce semi-échec, le 12ème prit ses cantonnements sur la Passage. Les opérations reprirent le 5 juin par une attaque des russes qui fut repoussée. L'empereur porta le gros de son armée sur Domnau et détacha Lannes vers Friedland, tandis que Murat et Soult coupaient la ligne de communication russes vers Koenigsberg o se terrait Frédéric Guillaume II et la reine Louise. Davout se plaça en masse intermédiaire entre ses deux blocs pouvant intervenir des deux côtés au besoin. C'est Lannes qui leva Benningsen qui imprudemment avait traversé l'Alle à Friedland. Napoléon y concentra ses forces. La victoire fut rapide et décisive. Le troisième corps extermina les vaincus qui cherchaient à fuir vers le refuge des souverains prussiens.
                Le 12ème fut ensuite envoyé à Tilsitt où la paix fut signée avec le Tsar le 8 juillet et le lendemain avec la Prusse. Le régiment fut alors passé en revue par les trois souverains avant d'être envoyé à Francfort sur l'Oder pour prendre de nouveaux cantonnements. Ainsi prenait fin la guerre entre les puissances continentales et les armes françaises avaient provisoirement eut raison de l'or anglais qui  fit successivement allier les Russes aux Autrichiens puis les Russes aux Prussiens.
Titre 1:valeur 1
Titre 2:valeur 2
Titre 3:valeur 3

1808

En cours de construction

1809

La campagne d'Autriche de 1809.

                                * Les conditions de la reprise de la guerre :

                Depuis 1805, l'Autriche était blessée dans son orgueil, déjà  par la cinglante défaite qu'elle essuya sur les champs de bataille de la troisième coalition, ensuite parce que son souverain s'était vu rétrograder du titre de François II empereur du Saint Empire romain germanique à celui de François Ier empereur d'Autriche par la volonté du Petit Caporal corse. En outre elle ne pouvait souffrir l'influence française sur les états germaniques de la rive gauche du Rhin et encore moins la domination exercée en Italie qu'elle convoitait traditionnellement. Voyant l'Empereur des français et son armée s'enliser dans une guérilla en Espagne, Vienne profita de la situation pour, au mépris du traité de Presbourg, réarmer. La guerre de la cinquième coalition allait s'engager.
                A cette époque le 12ème de ligne qui échappait au bourbier espagnol était stationné en Silésie. En effet Davout commandait une soixantaine de milliers d'hommes répartis en Allemagne pour maintenir le calme. Depuis la campagne contre les russes en 1807, le régiment occupa diverses villes. Il stationna à Francfort sur l'Oder après Tilsitt avant de rejoindre Reppen puis Blankenbourg et de gagner enfin la Silésie.

                                * De la concentration de l'armée française au combat de Ratisbonne :

                Pour parer la menace Autrichienne, Napoléon devait rapidement constituer une armée. Le corps de Davout se rassembla sur Ratisbonne, le 12ème venant de Bayreuth et Bamberg, tandis que sur Augsbourg se réunissaient des contingents allemands, la garde tirée d'Espagne et quelques troupes françaises. Le 9 avril 1809, on apprit que les Autrichiens avaient passé l'Inn à Braunau. Les français qui n'avaient pas fini leur concentration furent alors menacés d'être coupés en deux. Pour opérer sa jonction, Napoléon dirigea Davout sur Neustadt. Malheureusement le maréchal dut attendre la division Friant, retardée, avant d'évacuer Ratisbonne où il laissa un régiment en garnison. L'ennemi profita de ce contretemps et attaqua la queue de colonne du troisième corps à Tengen le 19 avril mais il fut battu. Le même jour, les divisions de tête dont celle de Gudin durent tirer quelques coups de feu pour forcer le passage à Thann. La concentration était réussie.
                La troisième division fut alors placée sous les ordres de Lannes qui arrivant d'Espagne n'avait pas de troupes à commander. Le lendemain, le 12ème de ligne contribua à la victoire d'Abensberg qui chassa les Autrichiens des positions établies entre l'Abens et la Grosslaber. Ensuite, il participa à la poursuite des vaincus et marcha sur Landshut où l'empereur remportait une victoire (1) permettant de couper la retraite vers l'Inn à l'ennemi. Mais Gudin fut rapidement rappelé sur Eckmühl où Davout était sérieusement pris à parti dés le 21 avril au soir. Après avoir parcouru 45 kilomètres il atteignit le champ de bataille le lendemain à 13 heures 30 et enleva à l'ennemi les hauteurs boisées de Rocking.  Les autrichiens étaient alors pris dans une nasse. Malheureusement ils purent s'échapper de la mauvaise posture dans laquelle ils se trouvaient , l'armée française exténuée ne put organiser immédiatement la poursuite et une ligne de retraite s'offrit à eux lorsque le 65ème de ligne défendant Ratisbonne capitula. C'est devant cette ville que le 23  eut lieu un combat. Le 12ème de ligne toujours commandé par Lannes fut présent à sa prise. Toutefois ce succès fut limité, les ponts ayant été coupés, les Français ne purent poursuivre les Autrichiens.

                               




                                * La marche sur Vienne et l'échec d'Essling :

                Dans l'impossibilité de poursuivre immédiatement l'ennemi, Napoléon devait marcher le plus rapidement possible sur Vienne avant que les kaiserlicks comme disait nos soldats, n'y parviennent. La ville se rendit après un début de bombardement, le 12ème de ligne y parvint le 20 mai. En Italie, Eugène s'était incliné devant l'archiduc Jean qui revenait à toute allure défendre la capitale de son pays. C'est pourquoi, Charles attendait son frère à côté de celle-ci. Napoléon devait donc vaincre ce dernier rapidement avant qu'il ne soit renforcé par le premier. Il se décida donc à franchir le Danube en passant par l'île Lobau. Le 20 mai, le régiment chassa les quelques Autrichiens établis dans la ville de Kaiser-Ebersdorf (2).  C'est à partir de cette dernière que furent jetés trois ponts sur la rive opposée. Le 12ème réintégra alors son corps d'origine mais ne put participer à la bataille d'Essling qui eut lieu le 21 et 22 mai. En effet les ponts s'étaient rompus sous le poids des arbres et radeaux jetés par l'ennemi dans le fleuve en crue, à 7 heures du matin, alors que Davout s'apprêtait à traverser. Napoléon en infériorité numérique dut tenir tête à l'ennemi pendant près de deux jours. Quand les ponts furent rétablis, il se retira, sans être ni vaincu ni vainqueur. C'est impuissant, resté sur la rive droite que le 12ème assista à cet échec.

                                * Wagram :

                L'Empereur devait donc préparer une nouvelle traversée du Danube. Son armée fut tout d'abord renforcée par les troupes d'Eugène arrivant d'Italie. De son côté, l'archiduc Charles reçut le secours de son frère Jean qui s'installa à Presbourg. C'est dans cette ville que le 12ème se livra à une démonstration afin de tromper le général autrichien sur le point de débouché des Français (3). Le mouvement des troupes commença dans la nuit du 4 au 5 juillet par la traversée sur la rive gauche du fleuve. Le 12ème de ligne aligna 2261 hommes au début de cette affaire, réparti en trois bataillons sous les ordres de Gudin et en un quatrième commandé par Desailly. La première journée de la bataille fut utilisée pour mettre les troupes en place, c'est pourquoi il n'y eut pas d'engagement sérieux. Davout constituait l'aile droite et devait le lendemain mener une attaque débordante. Entre 9 et 10 heures, il plaça ses troupes sur deux lignes. Gudin occupait la gauche de la première, Desailly était derrière lui. Le troisième corps se trouvait ainsi établi entre les villages de Kimmerleinsdorf et de Glizendorf. A 14 heures Davout entamait un mouvement sur Neusiedl mais arrêté par l'artillerie ennemie, il mit en place une batterie pour canonner le village. La nuit vint mettre provisoirement un terme au combat, les troupes bivouaquèrent sur place.
                La lutte reprit le lendemain à 4 heures lorsque les Autrichiens attaquèrent le village de Grosshofen dans l'espoir de déborder la droite française. Le 12ème et les autres régiments du troisième corps tinrent. L'Empereur inquiété vint sur ce point pour encourager ses soldats tout en les soutenant par du canon. (4) et par les cuirassiers d'Arrighi. Rassuré, Napoléon ordonnait à 11 heures une attaque générale. Davout se lança alors à l'attaque de Neusiedl. A 13 heures, Rosenbourg qui commandait l'aile gauche autrichienne était tourné. Le 12ème s'avançait alors sur la gauche de Wagram dont Oudinot s'était emparé. Puis il contribua à mettre les Autrichiens en déroute. Malheureusement la victoire était incomplète. En Effet Davout qui avait été attaqué n'avait pas réussi à mener à bien son attaque débordante et l'ennemi parvint à s'enfuir. Une poursuite fut organisée et le troisième corps fut alors dirigé sur Brünn.

                                * La paix :

                Fatigué de la guerre les Autrichiens demandèrent un armistice puis deux jours après, le 13 octobre, la paix était signée. Le 12ème de ligne eut sa part de récompenses pour le sang versé puisqu'il eut le droit d'inscrire le nom de Wagram sur son drapeau et fut passer en revue sur le champ de bataille d'Austerlitz. Il fut ensuite envoyé à Magdebourg où il tint garnison.

note:

(1) J'ignore actuellement la position du 12ème lors du combat de Landshut et même s'il y a pris part.
(2) Je n'ai pas encore trouvé la confirmation de ce combat.

(3) Entre Essling et Wagram le régiment aurait prit part aux combats d'Eugerau ou le général de brigade Petit se serait fait tuer et  de Jugendorf mais je n'arrive pas actuellement a les situer ni dans le contexte de la campagne ni sur une carte.

(4) Il s'agirait selon les sources soit de 7 pièces de 12 soit de 12 pièces de légère.

1810

en cours de construction

1811

en cours de construction

1812

Campagne de Russie de 1812

                                * La reprise de la guerre :

                La France et la Russie était en paix et alliées depuis le traité de Tilsitt du 7 juillet 1807. Pourtant la situation se dégradait progressivement. Le refus du Tsar de donner sa soeur en mariage à Napoléon après que celui-ci ait divorcé de Joséphine le 15 décembre 1809 est un excellent indicateur de la tension qu'il y avait entre les deux souverains. En effet, le Tsar rechignait à appliquer le blocus continental. Cette arme économique mise au point après Trafalgar pour ruiner Albion en la privant de ses débouchés commerciaux continentaux appauvrissait également la Russie. C'est pourquoi Alexandre mit un terme à son application en décembre1810, bafouant ainsi les engagements qu'il avait pris à Tilsitt. En outre, il n'appréciait guère la création du Grand Duché de Varsovie sous l'oeil bienveillant des français. Il craignait un éventuel redressement de la Pologne au dépens de son empire. Aucun des deux empereurs ne cherchait à améliorer la situation si bien que la guerre devint rapidement inévitable.
                La guérilla en Espagne absorbait toujours autant d'hommes du côté français, pourtant le 12ème de ligne y avait échappé puisqu'il était resté cantonné en Allemagne. Effectivement, après la campagne de 1809, il fut envoyé en garnison à Magdebourg et passa l'hiver 1810-1811 en Hanovre avant de retrouver Magdebourg. La guerre contre les Russes s'annonçant, il fut dirigé sur Stettin qu'il quitta le 1er janvier 1812 pour la Pologne. Enfin, il fut rassemblé sur le Niemen en juin de la même année. Napoléon qui pensait trouver des troupes nombreuses en face de lui avait réorganisé son armée l'année précédente. Le 12ème de ligne se vit ajouter un bataillon de guerre supplémentaire et fut affecté à la troisième division (Gudin) du premier corps d'armée (Davout). Cependant le 15 juin, juste avant d'entrer en campagne le régiment n'était pas au complet de ses effectifs puisque sur les cinq bataillons de guerre présents qui devaient compter 4200 hommes, il en manquait 325, soit 7,74%.

                                * l'insaisissable armée russe :

                Les hostilités commencèrent une dizaine de jours plus tard avec le franchissement du Niémen. Le 12ème massé préalablement dans la forêt de Wilkowski fut parmi les premiers régiments à traverser le fleuve puisqu'il franchit le pont établi par les pontonniers d'Eblé le 24 juin au matin. Napoléon qui avait pris toutes les précautions pour masquer les troupes françaises aux yeux des Russes jusqu'à ce jour était résolu à prendre Wilna où l'ennemi était réuni. Il y envoya Murat et Davout soit cent cinquante mille hommes. La ville fut atteinte le 28 juin. Et, après avoir échangé quelques coups de feu, l'ennemi se retira en brûlant ponts et entrepôts. En fait, les Russes étaient formés en trois masses, et c'est l'une d'elle que les Français avaient rencontré à Wilna. C'est Murat aidé des divisions Friant et Gudin qui fut chargé de celle-ci tandis que l'Empereur et le gros de l'armée s'occupaient des deux autres. Le 12ème fut donc dirigé sur Sventsiany puis de là sur le camp retranché de Drissa. Murat perdit du temps dans cette ville et empêcha par contrecoup la réussite du plan de l'empereur, et quand il se présenta devant Drissa, le scénario de Wilna se répéta. Les russes se retirèrent sur Smolensk. Le 12ème les poursuivit, traversa le Dniepr le 14 aout à Rassasna et se battit  le 17 août à Smolensk. La ville était prise mais les Russes avaient incendié les entrepôts.

                               






                                * La route de Moscou.

                Le 19 août, Ney qui prenait la route de Moscou se heurta à l'ennemi dans le défilé de Valoutina. Il reçut alors le soutient de la division Gudin. Pour la première fois de la campagne les Russes résistèrent réellement et firent beaucoup de victimes dans les rangs français. Gudin y fut d'ailleurs tué, emporté par un boulet, ainsi que le colonel Thoulouze qui commandait le régiment depuis 1809. Pour le courage dont fit preuve la division durant cette bataille, 72 croix de la légion d'honneur lui furent accordées. 30 d'entre elle revenaient à des hommes du 12 ème de ligne. Ce furent les capitaines, Bretz, Dehir, Petitjean, Carré, Lecu, Rumigni, Beaulieu, Humbert,  les lieutenants Etienne, Rota, Lecler, Villemain, Rouby, Boyer, Berlan, Barzun, le tambour major Vingard ainsi que les soldats Vacheron, Gilbert, Frédéric, Ganavial, Marchudic, Georget Louis, Gaudier, Becker, Varenne, Hugot, Pitois, Lefèvre et enfin le canonnier Troulier qui furent décorés.
                En fait si les Russes résistèrent, ce fut pour dissimuler et protéger la retraite du généralissime ennemi : Barclay de Tolly. Celui-ci discrédité  par ses méthodes auprès de l'opinion fut remplacé par Kutuzov qui se décida à livrer bataille pour protéger la capitale religieuse du pays: Moscou. L'engagement eu lieu à quelques kilomètres de la ville aux alentours du village de Borodino. Il prit chez les Français le nom du fleuve qui coule plus au nord: La Moskowa. Le terrain fut préparé par l'ennemi et des redoutes barraient la route à la Grande Armée. Au centre du dispositif russe, se trouvait la Grande Redoute, imposante par sa taille, elle était défendue par des pièces de canon. Eugène, après avoir pris Borodino dans la matinée, dirigea les divisions Gudin et Morand sur celle-ci. Elle fut enlevée mais les Français perdirent beaucoup de monde. Les Russes la reprirent, elle ne tomba définitivement en nos mains que dans l'après midi. L'issue du combat fut indécise mais, dans la mesure où les soldats du Tzar se retirèrent du champs de bataille le lendemain, laissant Moscou aux Français, la victoire peut être attribuée à Napoléon. Celle-ci elle fut incomplète puisque l'ennemi n'était pas détruit.

                                * Moscou et la retraite :

                L'Empereur, dans l'espoir qu' Alexandre signe la paix, parvint à Moscou le 14 septembre, il s'établit dans la ville incendiée par son gouverneur Rostopchine. Il n'en fut rien. Et, l'hiver menaçant, Napoléon se résigna à la retraite sur Smolensk. Epuisé par une campagne difficile dans un pays inhospitalier où le soldat trouvait à peine de quoi se nourrir, décimé par les maladies, la fatigue, les batailles sanglantes de Valoutina et de Borodino, le 12ème à l'instar de la majorité des autres troupes perdit alors l'apparence d'un régiment. "Hier la grande armée et maintenant troupeau" commenta Hugo. Le froid et les cosaques accrurent encore le nombre de victimes. Malgré ces deux calamités, les lignards du 12ème parvinrent encore à se battre pour parvenir sur le Niémen. Le 3 novembre, il faisait le coup de feu à Wiazma et 6 jours plus tard à Smolensk Le 17, il était aligné à Krasnoë. Il franchit la Bérézina au gué de Studienka et regagna enfin le Niémen où une poignée de survivants put se reposer un peu de toutes ces fatigues. Les héros d'Auërstaëdt, les géants de Wagram, les bambochards de Valoutina gisaient maintenant dans les glaces de Russie.
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1813

Les années 1813, 1814


Je dispose actuellement de trop peu de renseignements sérieux pour proposer une synthèse des évolutions du 12ème de ligne lors de ces années. Il aurait pris part à la campagne de Saxe. Dans quelle mesure ? Je l'ignore. Il est probable qu'il ait participé à la bataille de Dresde en enlevant Gieshübel le 28 août 1813 à la baïonnette. De toute façon je crois pouvoir affirmer sans me tromper beaucoup qu'il s'agissait d'un régiment fantôme. En effet, il fut presque entièrement détruit lors de la campagne de Russie. C'est du moins l'impression que j'eus en feuilletant les registres de la troupe où la quasi totalité des soldats ayant pris part à la campagne de 1812 étaient rayés des contrôles le 1er juillet 1814 avec la mention "disparu en Russie". Je suppose qu'il ne bénéficia pas des levées de 1813, ou alors dans une mesure minime. Le renvoi des 1er, 3ème, 4ème et 6ème bataillon au dépôt me conforte dans cette hypothèse. Pourquoi aurait on renvoyé des hommes en France alors que la situation était délicate en Allemagne ? Il est probable que ces bataillons ne regroupaient qu'une poignée d'hommes vraisemblablement malades ou blessés.Le 5ème dit de dépôt ne bougeant jamais de Mézières, il ne restait donc que le 2ème bataillon sur le théâtre des opérations.
                Et encore, celui-ci s'amenuisa de deux compagnies qui, en garnison à Stettin, se rendirent à l'ennemi. La présence de troupes françaises dans cette place est également problématique. La documentation dont je dispose m'affirme en effet qu'après le départ de Napoléon puis de Murat à la fin de la retraite de 1812, Eugène, investi du commandement, fit retirer les troupes à l'Ouest de Berlin, or Stettin est au Nord Est. Je suppose donc qu'une partie du 12ème s'y fit encercler avant ce retrait, un peu comme cela se fit plus tard avec Davout à Hambourg. C'est donc quatre compagnies soit 560 hommes au mieux au lieu de 4200 qui se trouvaient sous les armes à la fin de la campagne de Saxe. Sans compter qu'un détachement fut fait prisonnier le 16 janvier de l'année suivante. Où? Je l'ignore.
                La lettre datée du 12 septembre que Baudinot adresse à son général permet de tempérer ces propos, alors que des princes de la famille royale dont certainement le prince de Condé, colonel-général de l'infanterie de ligne, vont le passer en revue. La situation semble pourtant noire. C'est un régiment "obéré", ligne 10, "dépourvu de tout", ligne 12, et qui se "ressent encore de ce qu'il a souffert tout récemment", ligne 17, qui nous est décrit. Cette situation difficile qui transpire des mots de Baudinot peut en partie s'expliquer par le fait que le colonel écrit une lettre pour demander "des étoffes et des fonds" (15 ) et n'a par conséquent pas intérêt à décrire son corps dans une position idyllique s'il veut que l'on accède à sa requête.
                Baudinot se plaint de ne pas avoir "touché un sol depuis huit mois", ligne 8, soit depuis le mois de janvier alors que la campagne de France n'avait pas encore débutée. Pourquoi aurait on accordé des fonds à un régiment sans hommes? Le 12ème n'apparaît pourtant pas en si mauvaise posture dans l'épître de son colonel. La solde courante est acquittée assez régulièrement nous dit on à la ligne 18, une chose qui était rare sous l'Empire. En outre on laisse des hommes prendre leur congé. Il n'en manquerait donc pas tant puisqu'on en laisse partir. Certes la Restauration se débarrassait de l'énorme armée de Napoléon, mais, même réduit à trois bataillons, un régiment comptait 1350 hommes. Ces départs pourraient donc indiquer que le 12ème n'était pas si réduit numériquement comme on avait d'abord pu le supposer.

                                Je dispose donc de trop peu de renseignements pour établir clairement la situation du régiment lors de la restauration et évaluer sûrement l'impact des campagnes de 1812, 1813, 1814.

1814

En cours de construction

1815

Campagne de Belgique de 1815.

                                * Le retour de Napoléon et de la guerre :

                Le 1er mars 1815, Napoléon, réduit à gouverner l'île d'Elbe depuis son abdication de l'année précédente, profita du manque de popularité de la Restauration pour débarquer à Golfe Juan. En évitant les contrées hostiles et en ralliant les régiments qui étaient envoyés pour l'arrêter, il entra à Paris le 20 et remonta sur le trône que le Bourbon s'était empressé de quitter. Malheureusement pour lui la réputation de conquérant qu'il s'était taillée à coups de canon pendant les 14 années précédentes effraya les souverains européens qui se réunirent en une septième coalition pour en finir avec le Corse. Comment pouvaient ils croire les protestations de paix de celui qui venait de renier la signature qu'il avait apposée au bas de son acte d'abdication le 20 avril 1814? Napoléon n'avait plus guère le choix, il lui fallait reprendre la voie de la guerre.
                Dans un premier temps, il reconstitua son armée démantelée par la Restauration qui n'avait que faire de l'énorme appareil militaire impérial. Pour cela, il reversa les 3ème bataillons dans les 1er et 2ème afin de les compléter et, afin de relever les 4ème et 5ème bataillons qui avaient été dissous, il rappela les anciens en congés, par le décret du 27 mars . Mais celui-ci n'eut guère d'effet, et, on constate que le 12ème de ligne après avoir complété ses deux premiers bataillons, resta à ce stade, faute de nouveaux arrivants. C'est donc avec deux bataillons qu'il fit la campagne de Belgique. Il fut incorporé à la 11ème division d'infanterie du lieutenant général Berthenèze dépendant du IIIème corps d'armée de Vandamme, rassemblé à Mézières.

                                * Marche sur Charleroi et premiers contretemps :

                Napoléon qui disposait de faibles effectifs devait battre les armées ennemies séparément et décida de vaincre tout d'abord Wellington et Blücher, les deux généraux coalisés les plus réputés, avant de se retourner contre Russes et Autrichiens. Prussiens et Anglais s'avançaient en Belgique vers la frontière Nord de la France. Ces deux protagonistes avaient des lignes de communication différentes ce qui constituait un point faible de leurs dispositif. En cas de retraite, Wellington  aurait reculé sur Ostende et Blücher sur Liège. Il suffisait donc en alliant rapidité et discrétion de les attaquer au point concurrent de ces deux routes, c'est à dire Charleroi, pour les séparer. L'Empereur pour déboucher en Belgique disposa son armée en trois colonnes. Au centre, se trouvait le 12ème avec le corps de Vandamme, celui du comte Lobau, la Garde et la réserve de cavalerie. Le 14 juin, il était à Beaumont. Malheureusement, le lendemain, il n'arriva à Charleroi qu'à 15 heures au lieu de 10 car l'officier qui portait l'ordre de départ s'était brisé une jambe en faisant une chute de cheval.
                Malgré ce contretemps, le débouché était réussi, l'empereur pouvait désormais mettre en place son dispositif stratégique . L'aile gauche fut confiée à Ney, celle de droite à Grouchy qui à cette occasion vit Vandamme être placé sous ses ordres. Il s'agissait maintenant de séparer les Anglo-Prussiens. Pour cela, Grouchy devait attaquer sur les hauteurs de Sombreffe, mais Vandamme, blessé d'être dirigé par le dernier nommé des maréchaux, prétexta l'épuisement des troupes pour refuser de marcher. Le combat fut remis au lendemain. Ney devait se porter sur les Quatres-Bras pour barrer la route aux Anglais tandis que Grouchy engagerait les Prussiens, Napoléon restant avec une réserve de 36 000 hommes à Fleurus prêt à seconder l'un ou l'autre.

                               





                                * Ligny, Wavre et la retraite.

                Au matin du 16 juin, Ney se heurtait aux Anglais, il était chargé de les contenir tout en détachant le corps d'Erlon qu'il commandait, sur Ligny, afin de mener une attaque sur les arrières Prussiens. Grouchy devait mener un combat d'usure tandis que la réserve jouerait le rôle de masse de rupture. Le 12ème, une fois encore fut sévèrement éprouvé. A 10 heures du matin, il franchit le pont de Farciennes puis se dirigea sur la gauche de Fleurus d'où il mena une offensive sur              St Amand. Après avoir essuyé les coups de feu des tirailleurs ennemis, il s'empara du village, soutenu par les efforts du 56ème et du 96ème de ligne. Il se distingua à cette occasion, notamment grâce à l'action de l'un de ses sergents, Brossière, qui s'empara d'une pièce de gros calibre. Vers six heures, Blücher lança une contre attaque sur le village de St Amand, qui, âprement disputé resta aux mains des Français. Napoléon envoya alors la réserve à l'assaut, l'ennemi était repoussé et la victoire acquise. Malheureusement, elle n'était pas décisive car Ney, frileux devant l'Anglais, avait rappelé à lui le corps du maréchal Drouet d'Erlon, contrairement aux ordres de l'empereur. La retraite des prussiens ne put donc être coupée comme cela avait été prévu.
                Le lendemain, Grouchy était chargé de poursuivre les Prussiens qui se retiraient sur Wavre. Il le fit si mollement que le 12ème n'arriva à Gembloux, où il bivouaqua, que le soir à 7 heures. Le 18 avait lieu la bataille de Waterloo. Grouchy commit plusieurs erreurs qui profitèrent aux alliés et permirent leur victoire. Tout d'abord il ne se mit en marche qu'à huit heures du matin. Ensuite, il ne se soucia pas des coups de canon qu'il entendait à sa gauche et, enfin, il laissa filer plusieurs corps prussiens qui allèrent achever l'armée française. Pourtant, celle ci avait réussi à prendre le dessus sur les Anglais. Après le désastre, sonnait l'heure de la retraite, le 12ème se retira sur Namur puis gagna Givet et enfin Reims.


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