Dans le panneau ci- contre se trouve un fichier "excel" à télécharger pour rechercher votre ancêtre. Cette base de données comportent les informations suivantes: le nom, le prénom, la date de naissance, son département d'origine, la date où il a été incorporé au 12ème régiment d'infanterie de ligne, sa taille en cm, les dates où il a été promu à un éventuel grade, le motif de sa radiation des registres du régiment (décès, incorporation dans un autre corps ou congé), les dates de ses éventuelles blessures, son temps de service en nombre de mois au sein du régiment.
 Généalogistes........ | Pour les généalogistes d'autres informations intéressantes, nom des pères et mères, commune de naissance et parfois pour la fin de la période, de la profession.......nous contacter.
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|   INFORMATION SUR LA TAILLELes tailles indiquées peuvent sembler très petites à l'heure d'aujourd'hui. Il faut savoir qu'alors un homme mesurait en moyenne 164cm dans le nord de la France et 162cm dans le sud. La faute en est aux conditions de la vie d'alors et des nombreuses carences alimentaires qui altéraient la croissance des hommes de cette période. Les maladies telles que le rachitisme étaient ainsi courantes. |
|   INFORMATION SUR LES GRADES *caporal : Il s'agit du premier grade de la hiérarchie militaire. Le caporal commande une escouade de 12 à 15 hommes avec lesquels il vit au quotidien *caporal fourrier : Le caporal fourrier est chargé de mission d'intendance. Il s'occupe de tenir à jour les registres et gère le logement de la compagnie. *sergent : le sergent est un sous-officier qui commande une demi-section c'est à dire deux escouades. * sergent major : premier sous officier de la compagnie, il commande les autres sous-officiers * adjudant sous-officier : sous officier chargé du détail du service d'un régiment ou d'un bataillon, il doit veiller notamment à l'instruction générale.
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|  |  CONGE DE REFORME DU FUSILIER BAUGE | le congé de réforme du citoyen Edmé Bauge, fusilier au 12ème de ligne (12 ème demi-brigade), natif de Laferté sur Aube dans le département de la Haute Marne .
Recto avant du congé de réforme: |  |
| | Recto du congé de réforme : |  |
|  Les Bourguignons et le 12 ème de Ligne | EN COURS DE CREATION
Lorsque le 12ème régiment d'infanterie de ligne est réorganisé une énième fois en 1803, à la veille de l'Empire sous le Consulat, Louis Ressort est le Bourguignon le plus ancien que compte le régiment dans ses rangs. Ce Saône-et-Loirien né le 4 octobre 1773 et incorporé au 12ème en 1790,dans la première année de la Révolution est plus vieux que le régiment lui-même. En effet la filiation du corps remonte à l'année 1776 lors de laquelle le régiment d'Auxerrois, qui deviendra tour à tour sous la Révolution, 12ème régiment d'infanterie de ligne puis 12ème demi-brigade de bataille, 12ème demi-brigade d'infanterie de ligne avant de redevenir le 12ème régiment d'infanterie de ligne, est fondé. Ce régiment quoique jeune a déjà roulé sa bosse et participé à de nombreux conflits et batailles, quand Louis Ressort est rejoint par de nombreux « pays » en 1803. Ce vétéran a connu les campagnes révolutionnaires du nord de la France, de Belgique et d'Italie et a sans doute entendu évoquer les campagnes plus anciennes du régiment qui s'est illustré outre atlantique lors de la guerre d'indépendance américaine de 1777 à 1783. Comment écrire l'histoire de ces Bourguignons qui ont rejoint Louis Ressort ? Une solution est de se tourner vers le SHAT (Service Historique de l'Armée de Terre) à Vincennes qui entre autres documents s'intéressant au 12ème de ligne conserve les registres matricules de celui-ci répertoriant les quelques 17000 hommes qui y ont été incorporés. C'est un document qui reste néanmoins très laconique et qui ne laisse qu'entrapercevoir la vie de ces hommes. On nous donne leurs noms, celui de leurs parents, leurs cantons et villages d'origine, leurs signalements comportant la taille et une brève description du visage. On nous apprend également, dans le meilleur des cas ce qu'il est advenu des conscrits enrégimentés. Les différentes affectations dans les bataillons et compagnies du corps sont reportées sur les registres ainsi que les blessures, les grades et enfin les motifs de radiation du corps. Ces informations données par les registres matricules sont à manipuler avec néanmoins beaucoup de précautions. Leur établissement est source d'erreurs à plusieurs niveaux. Fatigue ou inattention du secrétaire chargé de leur rédaction et un chiffre ou une note se retrouvent portés dans la mauvaise ligne ou dans la mauvaise colonne. En outre il ne faut pas perdre de vue que ces registres sont sous la responsabilité du Major, deuxième officier du régiment après le colonel qui commande le bataillon dit de dépôt où arrivent les jeunes recrues. Ce dépôt sous l'Empire se trouve à Mézières, et les bataillons dits de guerre, sont le plus souvent en dehors des frontières nationales. Un décès une mutation, une promotion, une désertion, etc. ne sont donc au mieux portés sur les registres que plusieurs semaines après. L'exemple le plus typique que l'on peut donner est celui des morts de la retraite de Russie qui ne sont reportés dans ces registres qu'au mois de janvier 1814, soit plus d'un an après. Cet exemple reste néanmoins exceptionnel tant par la distance de l'armée que par son état de désorganisation. Ce n'est pas l'oeil du généalogiste qui s'est porté sur ces documents, et certaines informations que recherchent ces personnes qui traquent leurs ancêtres n'ont pas été relayées dans la base de données issue du traitement des documents. Ce n'est pas les individualités une à une qui ont motivé cette recherche, mais plutôt la volonté de cerner, de manière plus générale ce qu'était un soldat ayant servi dans ce régiment. Il fallait donc chercher au sein de cette multitude d'hommes ce qui était le plus fréquent, pour esquisser le portrait moyen du lignard du 12ème régiment sans pour autant négliger les exceptions permettant de mieux cerner les marges de ce « portrait moyen ». Pour cette raison, certaines informations telles que le nom des parents où le village de naissance n'ont pas été relayées. Les soldats qui arrivent au corps à partir de 1803 se battront à travers toute l'Europe. Ainsi dès 1805 les bourguignons et les autres hommes du régiment traversent la France depuis Boulogne sur mer jusque Strasbourg pour prendre part à la campagne d'Autriche et arriveront sur le tard à Austerlitz. Certains de ces hommes ne reverront pas la France avant longtemps. En effet Une partie du régiment reste alors en Autriche le temps de signer la paix de Presbourg tout en surveillant la Prusse qui se fait menaçante. Si menaçante que l'année suivante le 12ème la combattra et se distinguera sous les ordres du colonel Vergez à Aüerstaëdt avant de poursuivre les débris de l'armée prussienne puis de se retourner contre les Russes en Pologne. L'hiver 1806-1807 sera rude avec de sérieux combats à Czarnowo et Eylau notamment. Le régiment assiste à la paix de Tilsitt avec le Tsar signée le 8 juillet 1807. En 1808 un grande partie du 12ème reste cantonnée en Silésie. L'année suivante il se bat à de nombreuses reprises. Il est aligné notamment à Abensberg, Ratisbonne Eckmühl mais surtout à Wagram où il se distingue particulièrement. Jusqu'en 1812 le régiment reste une fois encore cantonné en dehors des frontières de la France puisqu'il reste en Allemagne. Il sortira de la passivité pour prendre part à la campagne de Russie où il combat notamment à Valoutina et à la Moskowa. La retraite désastreuse le laissera exsangue et il prendra part à la camapgne de 1813 renforcé par de nouveaux conscrits. En 1814 il est aligné à plusieurs reprises lors de la campagne de France. Enfin lors de Cent-jours en 1815 il combat à Fleurus et à Wavre notamment. Contrairement à Louis Ressort volontaire ou réquisitionné lors de la Révolution l'immense majorité des Bourguignons qui viendront renforcer le régiment seront appelés sous les drapeaux par la loi Jourdan-Delbrel de 1798, dite loi de la conscription. Cette loi inscrit ensemble dans un tableau tous les jeunes gens mâles aptes au service âgés de 20 à 25 et parmi lesquels chaque année on tire au sort un nombre fixé par décret. Ces jeunes quittent alors leur famille pour une durée indéterminée puisque la loi prévoit qu'ils restent sous les drapeaux tant que la patrie a besoin de leurs services et que les guerres de cette époque troublée sont continuelles. Seulement 10 des 683 Bourguignons qui serviront la France sous la bannière du 12ème sous l'Empire seront volontaires. On remarque néanmoins en s'intéressant à l'age des conscrits lors de leur incorporation que certains sont plus jeunes ou plus âgés que ce cadre légal, même si la majorité le respecte. La plus grande partie des conscrits bourguignons provient des départements de la Côte d'or (290 hommes) et de la Nièvre (148 hommes). Les Icaunais (148) et les Saône-et-Loiriens (9) y sont moins nombreux. Origine des soldats bourguignons du 12ème de ligne 1803-1815 Côte d'Or Yonne Saône et Loire Nièvre 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 Age des soldats lors de leur incorporation âge nombre Le conscrit qui a tiré un mauvais numéro, reçoit rapidement sa feuille de route délivrée par les gendarmes et quitte sa famille pour se mettre en route depuis sa Bourgogne natale vers le dépôt du régiment à Mézières dans les grises Ardennes. A son arrivée il est toisé, équipé, dans la mesure du possible, reçoit quelques bribes d'instruction militaire avant d'être expédié vers les bataillons de guerre qui, la plupart du temps sont à l'étranger, comme on a pu le voir. C'est là sur le tas qu'il finira son instruction militaire, au contact de ses camarades d'escouade et de ses supérieurs, si toutefois les aléas de la guerre lui en laisse le temps. L'étude de la taille des conscrits n'est pas anodine contrairement à ce que l'on pourrait penser. Elle pèse en effet sur l'affectation des soldats au sein des différentes compagnies. Les plus grands seront grenadiers tandis que les plus petits et sveltes sont dirigés vers les compagnies de voltigeurs. D'autre part la taille est révélatrice de la condition physique de ces hommes qui ont servi sous l'Empire. En effet c'est un bon indicateur pour témoigner des difficultés de croissance rencontrés par ces hommes deux siècles auparavant, croissance marquée par une alimentation aux nombreuses carences, voire par des maladies tel le rachitisme, déformant l'ossature. La moyenne pour la moitié nord de la France était alors de 164 centimètres soit dix de moins qu'actuellement. Nos conscrit Bourguignons tiennent pratiquement cette moyenne, car pour l'échantillon elle atteint 163,75cm. L'étude de la répartition de ces hommes en fonction de leurs taille (Cf graphique cidessous) nous apprend que les personnes de grande taille (plus d'un mètre 74) sont relativement 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 0 10 20 30 40 50 60 70 80 Répartition des soldats en fonction de leur taille taille en cm nombre rares. La plus grande partie des hommes mesure ainsi entre 154 et 174cm. Il y a peu d'hommes de petite taille puisqu'un minimum est fixé pour pouvoir entrer dans l'armée. Justement, afin d'éliminer de fait les hommes trop affectés par les problèmes évoqués plus haut. L'incorporation est un moment difficile pour le jeune soldat, les mémoires que certains, lettrés, ont laissées en témoignent. Arraché à sa famille, à son village et ses environs qui devaient constituer son unique milieu de vie, le voilà à de nombreux kilomètres, au milieu d'un foule d'hommes qui souvent ne parlent pas sa langue et qui ont des moeurs différentes. Le Français est bien sur la langue de commandement en vigueur, mais il ne s'est pas encore imposé alors, d'autant que les frontières de l'Empire s'étendaient, lors de leur plus grande expansion en 1811, depuis l'Italie jusqu'à la Hollande. Aux nombreuses langues régionales françaises et patois venaient ainsi s'ajouter d'autres langues, anglo-saxonnes ou latines. Le jeune conscrit bourguignon s'accroche ainsi, à ses pays, à ces hommes qui viennent de la même région, pour utiliser un terme de l'argot militaire d'alors. Il s'y raccroche autant que l'administration du régiment le lui laisse faire. Le conscrit est rarement incorporé isolément. Il quitte sa Bourgogne natale, accompagné d'autres jeunes gens du même âge ayant la même destination. On parle de cohorte pour désigner cet ensemble d'hommes qui provenant du même département entrent à la même date au régiment. On relève dans le tableau ci-dessous les principales cohortes qui ont alimenté le 12ème de ligne en soldats bourguignons. On remarquera en 1813 les quelques 228 Côte-d'Oriens qui contribuent à reconstituer le régiment après l'hécatombe russe. Comme on peut le voir elles sont d'importances variables. Dates Yonne Côte d'or Nièvre 1) mai 1803 118 hommes 2) juillet 1803 12 hommes 3) juin 1805 47 hommes 4) juillet 1805 49 hommes 5) juillet 1807 24 hommes 6)mai 1813 33 hommes 7)juin 1813 195 hommes Ces hommes qui arrivent ensembles ne le resteront pas longtemps. Rapidement ils sont ventilés au sein des différents bataillons et compagnies qui composent le régiment. Prenons l'exemple de la cohorte de 49 hommes qui proviennent de l'Yonne en juillet 1809. Dès le premier mois ils sont ventilés au sein des trois bataillons que compte le régiment et au sein de pas moins de quinze compagnies différentes. Sans compter que dans ces compagnies ils sont répartis dans les différentes escouades qui forment les unités élémentaires du régiment où s'accomplissent les actes de la vie quotidienne du soldat. On ne peut néanmoins apprécier cette dernière ventilation puisqu'elle ne fait pas l'objet d'un report dans les registres. Le tableau ci-dessous fait le point sur la répartition de ces hommes dans les diverses compagnies. On le remarque ils sont rapidement isolés les uns des autres. dates Nombre d'hommes Nombre de compagnies différentes incorporation 49 15 Incorporation + 6 mois 39 14 Incorporation + 1 an 33 15 Incorporation + 2 ans 27 17 Incorporation + 3 ans 18 12 Incorporation + 4 ans 18 13 Incorporation + 5 ans 15 14 Incorporation + 6 ans 14 12 Incorporation + 7 ans 12 9 Incorporation + 8 ans 2 2 De manière plus concrète on peut suivre les différentes mutations d'un soldat bourguignon de cette cohorte, Passé Claude qui resta pas moins de 10 années au régiment, exemple de longévité assez exceptionnel comme on pourra le remarquer. Il arrive donc au 12ème de ligne encadré de ses 48 « pays ». Il se retrouve avec un unique camarade dès l'incorporation dans la huitième compagnie du troisième bataillon. Cette compagnie compte alors 128 hommes d'après les registres, provenant de 31 départements différents. Ils y rencontrent des camarades aux accents différents puisque pas moins de 19 langues régionales différentes viennent émailler le français utilisé dans cette compagnie. Ainsi Passé Claude retrouve 11 camarades bourguignons incorporés avant lui dans cette compagnie (9% de la compagnie), mais il rencontre également des hommes parlant le Béarnais, le Bressan, le Dauphinois, le Gavot, le Limousin, le Saintongeais (0,8% de la compagnie pour chaque), ou encore le Franc-comtois (1,6%), l'Occitan (1,6%), le Wallon (1,6%), le Poitevin (3,2%), l'Orléanais (4,9%), le Breton (5,7%), le Champenois (7,3%), le Lorrain (7,3%), le Forézien (8,9%), l'Italien (9,7%), l'Allemand (14,6%)ou le Gascon (19,5%). Deux mois plus tard ils sont séparés et Passé se retrouve isolé dans une autre compagnie. Les Bourguignons qui entre au régiment se retrouvent donc confrontés à un véritable choc culturel à plusieurs niveaux : choc de la culture paysanne (la plupart des conscrits sont issus de la campagne), face à la culture militaire, mais également choc des cultures régionales. Par cet exemple on peut comprendre comment un document « froid » comme peut l'être un registre matricule peut permettre dans une certaine mesure d'approcher le vécu humain de ces hommes. On le remarque les conscrits qui entrent au 12ème régiment lui consacreront des années de leur vie plus ou moins nombreuses. Entre Passé Claude qui y reste 10 ans, comme on a pu le constater, et Hitier Fiacre de la Nièvre arrivé dans la même cohorte qui déserte 23 jours après son incorporation il y a une marge importante. Il faut donc pour essayer de cerner ce qu'a été la vie militaire de ces Bourguignons commencer par essayer de mesurer celle-ci. La durée moyenne de service de ces hommes nous indique qu'ils y restent pour un temps assez bref, du moins pour une durée inférieure à la durée légale. (5 ans ou plus si la nation est menacée). On calcule ainsi une moyenne de service, pour les soldats bourguignons du 12ème de 2 ans 10 mois et 9 jours. Cette moyenne ne permet toujours pas cependant d'appréhender les fortes disparités. Le graphique ci-dessus qui s'intéresse à la répartition des soldats en fonction du temps de service permet de prendre la mesure de ces disparités. Ainsi 303 de nos bourguignons servent au régiment moins d'un an, c'est à dire, au mieux, pour le temps d'une campagne. 231 y restent entre une et cinq années (le minimum légal) et enfin 149 y restent plus de 5 ans, le record de longévité régimentaire (12 ans et 4 mois) étant détenu chez nos Bourguignons par un certain Bernard (prénom inconnu) né le 17 juin 1781, entré au 12ème le 31 mai 1803, resté dans le rang durant toute sa carrière, blessé à Wagram et congédié le 30 septembre 1815. La structure sociale du régiment <6 mois 6 à 12 mois 12 à 24 mois 24 à 36 mois 36 à 48 mois 48 à 60 mois 60 à 72 72 à 84 84 à 96 >96 0 50 100 150 200 250 300 Répartition des soldats en fonction du temps de service temps en mois nombre s'organise donc autour d'une minorité de vieux « briscards » (environ 20%) rompus à la vie militaire et à ses coutumes, mémoire militaire vivante du régiment qui initient, de manière plus où moins brutale, les bleus qui les rejoignent, à ses us et coutumes. Le reste du régiment est donc constitué d'une grande part de conscrits qui tout compte fait n'y passeront qu'une partie de leur vie assez brève et un fort pourcentage (44%) ne s'y intégrera réellement jamais, puisque le baptême du feu, consacrant l'intégration du soldat à son régiment sera pour beaucoup suivi rapidement par la fin du service, et certains n'y parviendront même jamais. Pourquoi nombre de conscrits bourguignons restent-ils pour une durée inférieure à la durée minimum légale au service du régiment ? Les motifs de radiation nous renseignent sur ce point. Tout d'abord pour 86 d'entre eux la fin de service au 12ème ne signifie pas la fin du service militaire puisqu'il poursuivront celui-ci dans un autre corps. Découvrir leur destin implique donc de se reporter aux registres matricules des différents corps dans lesquels ils sont versés. Pour d'autres l'aventure militaire se terminera de façon tragique, 47 mourront de fièvre dans les hôpitaux 55 pour faits de guerre, c'est à dire 33 morts au champs d'honneur, et 22 des suites de leurs blessures. Enfin, 6 autres Bourguignons décéderont durant leur service pour d'autres raisons que celles évoquées. 1 soldat bourguignon est radié pour être fait prisonnier. 48 désertent. 99 seulement seront rendus de manière légale à la vie civile, sans compter que pour 39 d'entre eux cela se fera par le biais d'un congé de réforme, ils ne sont plus aptes au service, la vie militaire les a usés. L'addition des nombres ci-dessus ne donne pas une somme de 683. Et pour cause, 329 de nos soldats bourguignons sont rayés des registres pour cause de longue absence. Cette notion de longue absence, montre l'une des lacunes des registres matricules, et témoigne de la difficulté que le secrétaires qui les complètent ont à prendre connaissance du destin des hommes du régiment. Sous cette notion de longue absence se cache diverses réalités. Ce peut être une désertion non confirmée, une capture, ce qui est vraisemblablement le cas pour la plupart des hommes portés manquant en Allemagne en 1813 (205), ou encore la mort. Les quelques 77 soldats bourguignons portés manquants lors de la campagne de Russie ne laissent guère de doutes sur leur destin. Mais cela ne reste que des suppositions, non confirmées par les textes. Il est difficile d'appréhender précisément le sort des soldats. Comme on vient de le remarquer, la part de morts en service reste très variable, entre 108 et 437, selon le sort des absents... La part de déserteurs est non négligeable, environ 7%, mais elle reste difficile à commenter, les registres matricules sont bien trop « froids » pour pouvoir comprendre les motifs qui ont pu pousser ces hommes à quitter le régiment. Ils sont l'occasion de mesurer l'importance du phénomène. L'analyse du sort des conscrits nous permet cependant d'entrapercevoir la difficulté du quotidien des soldats au régiment. Les morts au combat, de blessures, ou de maladies diverses, qui font dans les armées de l'Empire plus de ravages que le combat, témoignent de la dangerosité de la vie militaire à l'époque. A ce titre on pourra évoquer les 145 hommes blessés au moins une fois lors de leur service ou les 15 blessés à deux reprises ou même les 2 hommes blessés à trois reprises au moins. L'intégration de nos soldats bourguignons à la vie militaire au sein du 12ème régiment de ligne, peut d'autre part se mesurer par l'avancement, le grade, synonyme de responsabilité, marquant, de manière plus ou moins fiable toutefois, certaines mémoires en témoignent, un pas depuis la résignation au service militaire vers l'acceptation, à divers degrés, de celui-ci. Les exemples brillants de la Révolution de simples soldats ayant accédé aux plus hautes fonctions et distinctions militaires sous l'Empire, ont fait dire que chaque soldat avait son bâton de maréchal dans sa giberne. C'est une conclusion un peu hâtive et l'étude de l'avancement chez ces hommes qui nous occupent, est assez typique de ce qui se passait sous l'Empire. Des 683 bourguignons incorporés au 12ème de ligne, 595 (87%) resteront sans avancement. Celui-ci étant impossible pour bon nombre puisque conditionné par la maîtrise de l'écriture et de la lecture. 40% des Français étaient estimés lettrés à cette période. La plupart des promus resteront cantonnés aux grades subalternes de caporal ou de sergent. Peu sortiront réellement du rang, moins de 2% en devenant officier. L'image du bâton de maréchal au fond de chaque giberne, la boîte à cartouches du combattant impérial, est donc sérieusement écornée. Le sort des Bourguignons du 12ème de ligne morts longue absence poursuite dans l'armée déserteurs prisonniers retour à la vie civile Malgré la froideur administrative des registres matricules, on parvient tout de même à esquisser quelques traits du quotidien militaire de ces soldats bourguignons, arrachés à leurs foyers par la conscription. Documents à la fiabilité incertaine toutefois les conclusions ne sont pas toujours aisées à tirer et l'on ne peut quelquefois que se borner à échafauder quelques prudentes conjectures, pensons au sort des soldats rayés pour cause de longue absence. Ce ne sont pas les individualités, noyées au milieu de la masse qui font l'intérêt de ces registres mais bien la globalité de ces soldats, les recoupements entre chaque bribes d'informations permettant peu à peu de cerner de manière générale ce qu'était la vie d'un soldat bourguignon dans le 12ème régiment d'infanterie de ligne. Cela reste cependant encore l'étude d'un cas particulier. Le 12ème n'était après tout qu'une parcelle infime de l'immense machine de guerre qu'était l'armée impériale. Nombre d'enfants de la Bourgogne ont été disséminés au sein de la multitude de régiments qui existait alors. Ecrire leur histoire sous l'Empire ne peut se borner à l'étude du cas d'un régiment ; il faudrait prendre l'ensemble en considération. Se jeter à corps perdu au SHAT, déjà bien encombré, ne servirait pas à grand chose. En effet, bien souvent les archives départementales ont conservé les registres de conscription où figure l'ensemble des conscrits, ainsi que les exemptés. Les régiments vers lesquels ils sont envoyés sont, en règle générale, précisés. La suite de l'histoire des Bourguignons dans l'armée impériale, passe donc d'abord par les archives départementales de l'Yonne, de la Nièvre, de la Saône et Loire et de la Côte d'Or. Sources : SHAT, registres matricules du 12ème régiment d'infanterie de ligne, cotes 21YC102 à 21 YC 112 Bibliographie sommaire Beauvalet Scarlett, la démographie à l'époque moderne, Belin, 2000 Corvisier André (direction), Histoire militaire de la France, tome 2, PUF, 1997. Forrest Alan, Napoleon's men : The soldiers of the Revolution and Empire, Hambledon, 2002. Pigeard Alain, Dictionnaire de la Grande Armée, Tallandier, 2002 Pigeard Alain, L'armée napoléonienne. Organisation et vie quotidienne, Tallandier, 2000 |
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 | |  | |  | Extrait du registre d'incorporation du soldat Marc Antoine MILLE |
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 | |  | | LONGUE ABSENCES | | Tenir à jour les registres matricules est chose difficile. Les soldats dont on n'a plus de nouvelles sont rayés pour le motif de longue absence. |
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 | |  | | SOURCES | | Les informations ci-dessous proviennent des registres matricules du régiment conservés au SHAT (service historique de l'armée de terre) sous les cotes 21Yc102 à 21Yc112 |
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